Sports
Victoire de Despres et
Peterhansel
Comme en 2007, Stéphane Peterhansel et Cyril Despres ont triomphé de concert sur le Dakar 2012,
s'adjugeant à Lima, au Pérou, leur dixième et quatrième succès respectif sur l'épreuve. Aux commandes de leur
Mini et KTM, les deux Français se sont imposés dans la douleur, de leur propre aveu, mais avec autorité, si
ce n'est avec aisance. De quoi marquer davantage encore le mythique rallye-raid de leur
empreinte.
Un 27e pays visité, le Pérou, pour une 32e édition qui promettait en termes de parcours, le
Dakar 2012 n'a pas déçu sur ce plan, offrant à la caravane des paysages inoubliables et une ferveur toute
sud-américaine d'exception. Pour ce qui est de l'intérêt sportif en revanche, les amateurs de suspense seront
sans doute restés sur leur faim. Comme souvent ces dernières années, les catégories quad et camion ont très
vite désigné leur vainqueur: l'Argentin Alejandro Patronelli (Yamaha) et le team néerlandais de Gerard De
Rooy (Iveco) en l'occurrence. Mais ce ne fut pas non plus le grand frisson chez les autos...
En l'absence de Volkswagen et alors que l'heure, parmi les constructeurs, est aux économies budgétaires, seuls les
Hummers de Robby Gordon, avec en guest-star Nasser Al-Attiyah, et dans une moindre mesure la Toyota de Giniel De
Villiers, pouvaient éventuellement barrer la route au team X-Raid. Seulement les Mini n'ont pas eu à trembler,
observant de loin déjà l'abandon du tenant du titre qatarien et finalement récompensées par un incontestable
doublé. Une première pour l'équipe de Sven Quandt, éclipsée ces trois dernières années par les voitures du
peuple.
Son coéquipier Nani Roma un ton en-dessous, Stéphane Peterhansel n'a pas eu ainsi à forcer son talent pour
décrocher sa dixième victoire sur le Dakar, 21 ans après le premier de ses six sacres sur deux roues. Et le décuple
vainqueur d'apprécier le chemin parcouru depuis ses débuts africains, lui qui n'avait pas été verni jusqu'alors,
depuis l'exil sud-américain en 2009. "Quand on pense comme c'est compliqué de gagner un Dakar, c'est incroyable
que j'aie réussi à en gagner 10. Cela faisait tellement longtemps, cinq ans que j'attendais de gagner à nouveau. Et
le faire en Amérique du sud, c'est un soulagement énorme, une de mes plus belles victoires", dixit celui que
l'on surnomme "le cannibale", avant de préciser: "La plus belle sera toujours la première en moto, mais
celle-ci a tout de même une saveur particulière. On commençait à douter, à se dire qu'on vieillit, qu'on est moins
performant ou qu'on n'est pas fait pour l'Amérique du sud... et finalement ça nous a souri."
"Le Dakar le plus dur"
Reste à en croire l'intéressé une expérience riche mais exigeante, "au bout d'une course qui a été très serrée
pendant la première semaine, et avec de la pression tout au long." Cyril Despres, son homologue motard,
confirme: "C'est définitivement le Dakar le plus dur auquel j'ai participé: physiquement éprouvant, mais
surtout mentalement. Se remettre en question chaque matin et se bagarrer, c'est très dur dans la tête. Ce n'est pas
comme un marathon de 42 km, c'est tous les matins qu'il faut repartir au charbon. Toutes les victoires sont jolies,
mais-celle-là est particulière parce que le contexte a été délicat jusqu'à la fin, au dernier moment.
[...] J'ai fait 90 ou 85 rallyes dans ma va vie, et c'est celui où j'ai le plus bagarré. Aujourd'hui
je suis marqué."
Il est vrai qu'en dépit de la marge constatée en sa faveur à Lima, par rapport à son grand rival Marc Coma, le
pilote KTM a bataillé ferme pour signer son quatrième succès sur le légendaire rallye-raid, et ainsi rejoindre
l'Italien Edi Orioli au rang des plus beaux palmarès du Dakar, derrière Stéphane Peterhansel (6) et Cyril Neveu
(5). "J'essaie de soigner tout le temps les détails. Cela me fait plaisir de bien faire mes devoirs, et dans
mon métier, quand cela se passe bien, ça se termine par une victoire. Aujourd'hui, on a gagné et c'est juste
énorme", souffle-t-il enfin, avant de saluer la performance de son ami Peterhansel: "Stéphane Peterhansel,
il n'en existe qu'un sur la planète. Je ne sais pas si je suis doué dans une voiture, je n'ai jamais essayé. Ce qui
est clair c'est qu'il a un bon copilote, Jean-Paul Cotteret, et que moi j'ai un bon équipier, Ruben Faria." En
2013, à travers qui sait la Bolivie ou le Brésil, il s'agira pour Despres de briser la règle d'alternance qui
consiste depuis 2005 à partager les trophées moto avec le Catalan Coma...
|